L'intestin est l'organe privilégié où s'expriment les émotions. Il est appelé le "second cerveau".
L’information dans le corps circule de bas en haut plus que de haut en bas, c’est donc l’intestin qui parle au cerveau dans ce système de communication et non le contraire.
La communication de ces deux cerveaux sur le plan psychologique est la suivante : Une sensation se forme dans l’intestin, elle provoque une émotion, le cerveau lui donne du sens et cela entraine un comportement adapté et un maintien du symptôme intestinal.
L'exemple d'un étudiant en période d'examen décrit parfaitement ce schéma. L’intestin produit une sensation "de rétention” afin d'engendrer une émotion de sécurité qui s'harmonise avec l'idée de "stocker "s'alourdir "associée à "garder l'information". La somatisation est la constipation.
Dans le cadre amoureux. Ici, la pulsion du désir peut se traduire par des crampes intestinales. De cette sensation de crispation nait une émotion d'angoisse, qui amplifie la tension physique et psychique. Le cerveau traduit cet état sous forme d'injonction telle que : « garde le contrôle - ne lâche pas ». Conséquence ? Le sujet rejette tout rapport sexuel, la douleur le maintient dans l'isolement. La cohérence du système a pour objectif "le contrôle de la pulsion sexuelle". Les deux cerveaux sont efficaces et synchrones mais nuisibles au patient qui désire établir un lien amoureux.
Le sujet atteint de maux intestinaux est dans uns situation de déchirement. Une partie de lui souhaite un rapport sexuel, comme dans l'exemple ci dessus, et une autre le lui interdit. IL y a une demande de soulagement des douleurs et besoin inconscient de les garder, comme une protection à une souffrance plus grande.
Sur le plan intestinal, le plus préoccupant en terme de somatisation provient des sentiments liés aux grandes insécurités dus à divers traumatismes, à un environnement stressant et s'observe aussi chez les sujets atteints de grandes difficultés à gérer la pulsion de mort ou de castration.
Métaphoriquement, les dysfonctionnements observés viennent dans un premier cas d'une cohésion entre les deux cerveaux dont le résultat est préjudiciable au sujet ou de l'absence de "représentation" des maux envoyés par l'intestin.
Les manifestations d'un "intestin irritable" (constipation diarrhée, parfois en alternance, crampes au ventre, qui disparaissent souvent avec l’évacuation de gaz ou de selles. ballonnements, flatulences, borborygmes ...) ont paradoxalement pour mission de protéger le sujet d'un stress excessif. Il est aussi l'expression des émotions interdites ou inacceptables.
Son objectif est de réguler le stress générer par des réunions de travail, des relations affectives, des situations de conflits... en mettant le sujet dans l'impossibilité de les affronter.
Le résultat pour la personne est que cet embarras chronique devient, un frein pour son épanouissement que ce soit sur le plan professionnel ou amoureux. Après de nombreuses années certains sujets soumis à cet état permanent tombent en dépression.
Ce qui, pour ce second cerveau est une stratégie d'évitement de souffrance, devient pour le sujet un réel handicap.
Le travail du thérapeute consiste à installer un dialogue dans ce couple particulier "intestin cerveau" afin de permettre au patient de changer "la cohérence de souffrance et de protection "qui s'y est installée.
Un travail analytique, de thérapie brève ou comportementale, de relaxation, de rêves éveillés, d'hypnose, de sophrologie , EMDR sont autant de médecines complémentaires qui peuvent accompagner et soutenir le traitement pharmaceutique.
En conclusion, l'intestin est entre autre, le serviteur des émotions dont font partie les peurs, les angoisses muettes. En leur donnant la parole le sujet le libère et laisse passer la vie sans aucune retenue dans les arcanes du second cerveau.
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